« En tant que journaliste-photographe, « mettre en lumière » a toujours été quelque chose d’essentiel dans ma pratique. Mais, lorsqu’il a été question d’exprimer un regard plus personnel, sans cadre, ni sujet, le chemin vers cette lumière n’a pas été aussi évident. Il a fallu s’armer de patience. Essayer. Expérimenter. Chercher… Jusqu’au jour où j’ai rencontré ce nénufar, installé dans un bassin de la Villa Médicis.
Ce jour-là, j’ai compris pour la première fois que la lumière pouvait chanter. D’un mouvement langoureux, elle caressait la fleur, pétale après pétale, révélant ses aspérités, sa magie. J’étais seul au spectacle. Un privilège ou un miracle, me permettant d’immortaliser sans pudeur ce récital naturel. Dès lors, m’est venu l’envie de célébrer l’éphémère, me laissant guider par cette lumière, au gré de flâneries.
L’allumette, c’est la flamme furtive, fragile. Elle caresse le sujet, noyé dans des ombres denses, carboniques, avant de nous brûler le bout des doigts, puis s’éteindre soudainement. »
Adel Slimane FECIH exposera, du 9 Janvier au 2 Mars 2025 à la Galerie Pradier-Jeauneau, un corpus de 9 photographies, 9 ballades intimes et singulières. Un jeu de clair-obscur voilé, trouble et jaunit, comme une apparition qui, d’ores et déjà, s’estomper. L’exposition «Allumettes» sera présentée lors du vernissage le 16 Janvier au 32 rue de Verneuil 75007 Paris.